Le Parlement européen vient d’adopter la clause de sauvegarde agricole liée à l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, faisant suite à une demande de la France visant à apporter des garanties supplémentaires aux agriculteurs. Soyons clairs : telle qu’elle a été présentée par la Commission européenne et validée par les gouvernements, cette clause ne règle pas les problèmes majeurs rencontrés par les agriculteurs, notamment l’importation de produits contenant des pesticides ou des substances chimiques interdites en Europe, qui créent une concurrence déloyale. Toutefois, les amendements introduits par le Parlement permettent de renforcer cette clause et surtout de la rendre réellement opérationnelle. Ces mesures, élaborées avec le secteur agricole, définissent des seuils de prix et de volume à partir desquels la Commission européenne pourra déclencher des enquêtes pouvant mener à la suspension des importations. La grande avancée obtenue aujourd’hui est l’introduction d’une clause miroir : si des produits importés ne respectent pas les normes européennes en matière sanitaire, environnementale, sociale, de droits du travail ou de bien-être animal, la Commission pourra ouvrir une enquête, activer la clause de sauvegarde ou suspendre les importations. C’est un point essentiel que nous défendrons fermement lors des discussions avec le Conseil. Cependant, cette clause ne résout pas les problèmes liés à la déforestation, aux droits des peuples autochtones, à la perte de biodiversité ou aux droits des travailleurs dans les pays du Mercosur. C’est pourquoi nous restons opposés à l’accord UE–Mercosur en tant que tel, dont les dispositions ne sont plus adaptées aux réalités actuelles et qui impose une concurrence déloyale aux agriculteurs européens, contraints de respecter des normes que les pays du Mercosur refusent encore d’appliquer.